<BODY > <!--ENDHTML--> <!--CUT DEF section 1 --><TABLE CLASS="title"><TR><TD><H1 CLASS="titlemain">Les Planètes</H1><H3 CLASS="titlerest">Pierre L. Nageoire</H3><H3 CLASS="titlerest">Septembre 2009</H3></TD></TR> </TABLE><P><I><FONT COLOR=maroon>Lumière liquide. Le temps de battre les cartes. Feuilles au vent s&#X2019;amincissent au point de disparaître. Le fluide qui les porte et baigne l&#X2019;univers d&#X2019;un jour astral réalise tout l&#X2019;espace.</FONT></I></P><P><I><FONT COLOR=maroon>Le jour s&#X2019;éteint en vomissant au ciel sombre son c&#X153;ur ensanglanté sidéral et argentin, l&#X2019;état des choses devient nocturne aux infinis rayons convergents. A peine le temps de battre les cartes bélier, gémeaux, cancer, lion, vierge, balance, scorpion, sagittaire, capricorne, verseau, poisson. Engloutis à jamais l&#X2019;explosion ardente qui confond toute chose, voici l&#X2019;ascension silencieuse d&#X2019;un astre unitaire, douze gemmes à une couronne.</FONT></I></P><P><I><FONT COLOR=maroon>Le mouvement s&#X2019;amorce, les nébulosités confuses et lointaines s&#X2019;effondrent lentement vers le centre profond. Le jeu, une infinité non dénombrable de cartes, (à peine le temps de les battre) est, à l&#X2019;horizon, infiniment plat, à son point de convergence, infiniment abrupt infiniment étale à l&#X2019;heure du reflux. Ici d&#X2019;une perfection lisse, là-bas, chaotique. À mesure qu&#X2019;on les joue, les cartes s&#X2019;amenuisent, si bien que la pile devant le joueur décroît sans qu&#X2019;il puisse dire combien il lui reste de cartes ; que d&#X2019;ailleurs il n&#X2019;a pas eu le temps de battre. Il ne sait si la pile est épuisable, s&#X2019;il peut séparer les cartes. Et si à mesure qu&#X2019;il tire de nouveaux rectangles de cartons, ceux qui lui restent ne se dédoublent et ne se modifient. Il joue contre lui-même ; et son regard oublie les figures et l&#X2019;huile sur la mèche crépite jusqu&#X2019;à n&#X2019;être plus qu&#X2019;un minuscule point rouge.</FONT></I></P><P><I><FONT COLOR=maroon>À l&#X2019;inverse du génie de Faust, qui se noie et s&#X2019;éparpille, la force se condense, dans un unique éclair. Les points épars, à l&#X2019;encre argent, sur du velours noir, s&#X2019;expliquent mutuellement en une figure cohérente. Lâcher les cartes, maintenant inutiles, trop nombreuses pour le temps qu&#X2019;il reste, battues et rebattues, diaphanes à force d&#X2019;infini, inintelligibles, translucides, extralucides ... Le mouvement du gyroscope, progressivement accéléré sans aucune vibration, projette maintenant une image distincte. La mèche sombre enfin dans la liqueur qui s&#X2019;embrase. Les astres étonnamment ignés se précipitent. La chute elliptiquement vertigineuse de l&#X2019;âme accroît soudain en densité la puissance de toutes les facultés. Les cartes insensées, inutilement rebattues, ne sont plus à présent que les mains immatérielles elles-mêmes.</FONT></I></P><P><I><FONT COLOR=maroon>Il parvint à grand peine à détacher ses yeux de ceux d&#X2019;Esther ; à la main une chandelle presque entièrement consumée. L&#X2019;instant d&#X2019;après celui où le temps n&#X2019;avait plus existé il avait exactement mille sept cent vingt huit cartes de même taille et de même épaisseur dans la main gauche et une dans la main droite Sur celle-ci il ne lut qu&#X2019;un prénom. Il jeta les autres.</FONT></I></P><P><I><FONT COLOR=maroon>Il considéra longuement le visage, pétrissant avec bonheur les secondes à nouveau ordonnées, évitant avec soin l&#X2019;abîme du regard de la jeune fille.</FONT></I> <BR> <BR> </P><P>Téléchargez le <A HREF="./Les-Planetes-99.pdf">texte intégral</A> au format pdf. Lisez <A HREF="./limbo.html">une critique</A> anonyme et venue de l&#X2019;au-delà !</P><!--CUT END --> <!--HTMLFOOT--> <BR><BR> <TABLE BORDER=1 CELLPADDING=1 > <TR > <EM >Copyright (©) 2009 -- 2017 <B > <I >Pierre L. Nageoire </I> </B> </EM> </TR> </TABLE> </BODY>